La ménopause est un phénomène physiologique aussi naturel que la naissance, la puberté et les menstruations. C’est une période de transition qui concerne toutes les femmes, de tout temps, peu importe leur culture et leur origine ethnique. Même si la fin du cycle reproductif est une étape normale dans le développement physiologique des femmes, la ménopause est perçue par certains acteurs de la société comme une maladie pour laquelle il est logique de chercher un remède ou un traitement.

 

Vécue différemment selon sa culture

Les manifestations physiques et émotives de la ménopause ne sont pas identiques et ne sont pas vécues de la même manière à travers le monde.

Un Rite de passage, dans certaines cultures ancestrales, la ménopause était vue comme l’atteinte d’un haut niveau d’initiation et de pouvoir. Les femmes mûres étaient souveraines et avaient droit de regard sur toutes les décisions de la tribu. Elles n’avaient pas peur de dire non à tout ce qui ne servait pas la vie. Elles initiaient et éduquaient aussi les plus jeunes femmes au respect des grandes forces vitales. Ce rôle d’influence s’appuyant sur des générations de sagesse féminine, nous pouvons le jouer encore aujourd’hui. Il est primordial de réaliser et d’assumer que nous sommes les gardiennes et les protectrices du monde.

Pour les Chinoises et les Indiennes, par exemple, la fin des années fertiles les couronne d’un nouveau statut : sagesse et maturité leur étant désormais reconnues, elles seront plus appréciées socialement. Dans la majorité des langues asiatiques, aucun mot n’existe pour décrire la ménopause.

Dans certains pays africains et asiatiques, les femmes âgées sont respectées et reconnues comme des sages tandis que dans les sociétés et les cultures occidentales les femmes de cinquante ans ne sont guère valorisées. De nombreux préjugés négatifs persistent à l’égard du vieillissement en général et des femmes vieillissantes en particulier, les attributs de la jeunesse étant encore fortement valorisés.

En Occident, les pressions sociales pour demeurer jeunes et belles s’exercent avec force sur les femmes. Les messages reliant la beauté et la minceur à la jeunesse et à la désirabilité sont omniprésents. Les façons de repousser les effets du vieillissement sont nombreuses et de plus en plus accessibles, comme les crèmes, vitamines et suppléments naturels, traitements alternatifs, médicaments et chirurgies. De plus, la société de performance impose des critères d’efficacité et de rendement de plus en plus exigeants, critères difficiles à satisfaire lorsque le rythme et le niveau d’énergie sont parfois à la baisse.

Chez nous, la femme vieillissante se voit de plus en plus confinée à un rôle aliénant. On voit négativement la diminution de production d’oestrogènes, les carences possibles en calcium de notre corps, si bien que la ménopause n’est plus associée qu’à la perte de la féminité. Pourquoi ne fait-on pas confiance au discernement de notre corps? On n’accepte plus ses rythmes biologiques, on veut tout uniformiser. On a peur des processus naturels, des émotions, des désirs. Comme si on ne pouvait pas se fier à des milliers d’années d’expérience de vie féminine et qu’il fallait qu’on vienne nous dire encore comment faire pour assumer la maturité! Je vois tous les jours, dans ma pratique, le prix que les femmes paient à même leur santé pour ce divorce entre l’être et le corps.

Dans un tel contexte, accepter son corps, le voir se transformer et montrer des signes de vieillissement peuvent s’avérer difficile. Si la jeunesse et tous les attributs qu’elle sous-tend demeurent l’une des normes sociales à laquelle la majorité des femmes tendent à se comparer, il est difficile pour plusieurs de conserver une image positive d’elles-mêmes en vieillissant. Ces femmes risquent alors de développer des attitudes négatives envers la ménopause, une étape de la vie marquant le début de la vieillesse pour un grand nombre d’entre elles.

Le temps qui passe … remise en questions …